Les ruminations




Un nombre considérable de pensées passe par notre tête chaque jour. La plupart de ces pensées sont inconscientes et heureusement ! On aurait du mal à toutes les absorber en plus de nos stimulations externes.

Il arrive que certaines de ces pensées se plaisent dans notre cerveau et décident d’y rester. Elles tournent alors en boucle et finissent par prendre toute la place.

Ce sont les ruminations.


Comment les reconnaît-on ?

  • Elles ne nous permettent pas de progresser dans une réflexion, une recherche. C’est comme si au contraire, elles nous maintiennent sur place, sans possibilité de bouger

  • Elles n’éclaircissent pas la situation qui occupe notre esprit. A contrario, elles assombrissent et rétrécissent plutôt le champ de vision

  • Elles génèrent des émotions et des sentiments assez désagréables : culpabilité, impuissance, dévalorisation de soi, peur, tristesse, colère…

Si vous reconnaissez ce tableau, bravo, vous avez expérimenté les ruminations ! 😬

Oui, « bravo » car percevoir ce phénomène, en prendre conscience est le tout 1er pas vers une gestion plus appropriée des pensées. 👍


Car bien sûr, ce que l’on ressasse n’a rien d’agréable et le phénomène se produit à des moments peu opportuns comme, au coucher par exemple. Ce fonctionnement est humain : on pense qu’en focalisant sur un problème, une difficulté, on va finir par comprendre et trouver une issue. Oui c’est tout à fait possible SI l’énergie qui accompagne cette réflexion est constructive.

Or ce n’est pas le cas dans des situations de ruminations : dans ces cas là, un cercle vicieux s’installe entre les ressentis désagréables, les pensées encore plus lourdes et même des tensions physiques plus ou moins perceptibles, et tout cela s’auto alimente à la perfection. 🤯


Notre petit singe cérébral court partout et il va chercher des éléments du passé, du futur pour alimenter le film dramatique. Notre hamster fait tourner sa roue encore plus vite pour ajouter davantage de tragédie. Les ruminations se nourrissent du « pire » qui est advenu. Et notre réalité devient alors une catastrophe, voire une tragédie dans laquelle le personnage principal, nous, est complètement coupé de ses capacités d’agir. C’est comme si on devenait une marionnette que nos pensées actionnent, à leur gré.


Pas très réjouissant comme proposition de rôle principal, non ?


Alors que faire ? Comment réagir à cela? 🤔

Avant tout en reprenant notre pouvoir d’action, en sortant du système limbique qui nous submerge et en laissant les connexions neuronales activer le cortex pour passer de la réaction à l’action.


Voici quelques moyens pour calmer la tempête mentale :


  • revenir au corps est une solution extrêmement efficace :

o Bouger, faire un pas de côté, se secouer sur place, marcher, sauter … cela permet de détendre les crispations et les micros tensions, très souvent non perçues, et de changer d’énergie

o Focaliser son attention sur un objet extérieur et l’observer avec attention pour relâcher la tension mentale sur les pensées

o Respirer en conscience permet de prendre du recul, de revenir à soi et de reprendre les rennes de la situation

o Ecrire tout ce qui passe par la tête pour libérer la charge mentale

o Méditer si l’activité est déjà pratiquée (commencer la méditation lors de ruminations me semble difficile mais pourquoi pas, l’être humain est plein de ressources !)


  • D’un point de vue cognitivo émotionnel, il est intéressant de :

o Identifier la ou les pensées qui tournent en boucle,

o Nommer précisément l’émotion suscitée

o Déterminer le besoin sous jacent, caché


Il existe bien sûr de multiples autres manières de faire face aux ruminations, mais celles présentées ici sont réalisables en toute autonomie.


Les clients avec qui j’ai « travaillé le sujet » ont évalué les activités corporelles comme étant les plus accessibles. Ca ne parait pas grand-chose comme ça, à lire, mais je vous assure, et peut être l’avez-vous déjà vécu, que quitter ses ruminations pour se diriger vers une activité corporelle, n’est malgré tout pas simple, au début en tout cas ! Comme tout apprentissage, la fierté de réussir passe par une phase inconfortable.


D’ailleurs, à la fin du processus, félicitez vous, c’est très important ! Peu importe le résultat, félicitez vous pour avoir eu le courage d’enclencher un changement, et si le résultat n’est pas à la hauteur de vos attentes, faites confiance à la Vie. Elle va vous resservir le même plat et vous aurez d’autres occasions de vous entrainer.😉


En revanche, si les ruminations sont très présentes, de manière régulière et que cela vous dérange, mieux vaut envisager une action à moyen terme avec un professionnel pour identifier et adapter un schéma de fonctionnement qui vous dessert.


Et si on arrêtait d'être "vache" (le ruminant par excellence😂), avec nous-mêmes?




Souvenez vous …




41 vues0 commentaire